
Changer ses fenêtres est souvent le premier réflexe lors d'une rénovation pour améliorer le confort et réduire la facture énergétique. Cependant, dans la Région de Bruxelles-Capitale, cette opération en apparence simple est strictement encadrée. Entre les obligations urbanistiques liées au patrimoine et les exigences très pointues de la certification PEB, une erreur de commande peut pénaliser lourdement votre bien. Voici ce qu'il faut absolument vérifier avant de signer le devis de votre menuisier.
La réponse dépend de vos choix esthétiques. À Bruxelles, les travaux de remplacement de fenêtres sont dispensés de permis d'urbanisme uniquement si vous procédez à un remplacement "à l'identique".
Attention, cette notion est stricte : le nouveau châssis doit respecter scrupuleusement la forme de l'ancien, ses divisions (la présence de petits bois, d'impostes), son mode d'ouverture et l'apparence des matériaux. De plus, ce remplacement doit être identique par rapport à la "situation de droit", c'est-à-dire la situation officiellement reconnue aux archives de l'urbanisme de votre commune, et non la situation existante qui pourrait être en infraction. Si vous décidez de transformer une ancienne fenêtre en bois à petits bois en un grand châssis coulissant en aluminium moderne, la demande de permis d'urbanisme redevient obligatoire !
Pour améliorer l'isolation de votre logement, vous opterez pour un vitrage à haut rendement. La valeur isolante du verre est exprimée par le coefficient Ug (plus il est bas, plus le verre est isolant).
Toutefois, la course à l'isolation absolue cache un compromis thermique et lumineux souvent ignoré. Le renforcement de l'isolation d'un vitrage s'accompagne irrémédiablement d'une diminution de son transfert solaire (chaleur gratuite du soleil en hiver) et de sa transmission lumineuse. À titre d'exemple, passer d'un vitrage de Ug 1,1 W/m².K à un vitrage de Ug 1,0 W/m².K entraîne une perte de 12 % du transfert solaire et de 10 % du transfert lumineux, alors que le gain réel en isolation est minime. Un bureau d'étude pourra vous conseiller le vitrage le plus adapté en fonction de l'orientation de chaque façade.
Si vous remplacez vos châssis, vous espérez logiquement voir votre score PEB s'améliorer. Mais pour que l'expert PEB puisse encoder la valeur exacte de votre nouveau vitrage dans le logiciel régional, il a besoin de preuves acceptables.
La facture détaillée de votre menuisier est essentielle, mais elle ne suffit pas toujours, car le certificateur doit pouvoir lier cette facture au vitrage réellement posé sur place. C'est ici qu'intervient l'intercalaire (l'espaceur métallique ou synthétique situé entre les deux feuilles de verre). Le certificateur a l'obligation d'inspecter ces intercalaires pour y relever l'année de production, le nom du fabricant ou le modèle du vitrage, et doit en prendre une photographie. Il est donc vivement recommandé d'exiger de votre fournisseur des vitrages avec un marquage clair de l'espaceur indiquant au minimum la référence du produit. Si cette preuve est absente ou illisible, l'expert PEB sera contraint d'appliquer une "valeur par défaut" pénalisante pour votre score.
Vous souhaitez remplacer vos châssis mais vous avez un doute sur la nécessité d'introduire un permis d'urbanisme ou sur le choix thermique des matériaux ?
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